Scientificité de la psychanalyse

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Scientificité de la psychanalyse

Message  Admin le Mar 26 Mai - 11:45

C'est assez long à lire, mais intéressant:
Psychanalyse et sciences: http://www.isc.cnrs.fr/wp/wp00-4.htm

Extrais:
A l’inverse, on connaît l’exploitation par Freud des idées de Darwin, en particulier sur le développement de l’enfant. Darwin avait en effet publié ses observations sur le développement de ses propres enfants dans une revue de psychologie, où il abordait des problèmes tels que le développement des émotions ou de l’aptitude à communiquer (Darwin, 1877),. Les notions d’expériences sexuelles précoces, de savoir instinctif, de conflits internes entre les pulsions, sont donc des notions darwiniennes avant d’être freudiennes ; la notion de stades oral et anal était présente chez l’évolutionniste Haeckel ;

Popper dénie la qualification de scientifique à la théorie psychanalytique au motif qu’elle se réclame de justifications « inductivistes » et non de justifications causales. L’inductivisme, dans ce contexte, est une démarche qui privilégie la forme probabiliste de la scientificité, en se fondant sur une accumulation d’exemples positifs. Mais une accumulation d’évidences ne constitue pas une preuve : il faudrait au contraire, pour Popper, que la théorie puisse engendrer des exemples négatifs, et s’engager ainsi dans une démarche de réfutation. Le critère inductiviste, en favorisant les exemples positifs, possède un autre inconvénient : celui d’engendrer une sorte d’immunité contre la réfutation, au point, comme le dit Popper, que la théorie peut finir par devenir compatible avec n’importe quel comportement humain.


L’incapacité de la théorie à opérer sa propre démonstration hors de son champ n’est pas propre à la psychanalyse....
Widlöcher (1996) propose ainsi de placer la psychanalyse dans la même catégorie que d’autres sciences inductives, comme les sciences économiques, l’histoire ou les sciences de l’éducation, c’est à dire des sciences qui interviennent pour décrire et modéliser des phénomènes complexes et ne peuvent soumettre leurs hypothèses à la falsification. ...
Widlöcher rappelle qu’une pratique peut être théorisée avant que la science ne permette de rendre compte de ses lois, et d’en révéler les logiques explicatives au sens causal : les croisements entre espèces opérés par les botanistes ont été l’objet d’une pratique efficace et d’un savoir rationnel bien avant la découverte des lois de la génétique mendelienne. Il pourrait en être de même pour d’autres disciplines comme la psychanalyse, science d’une pratique en attente d’une science fondamentale capable d’en proposer des explications scientifiques au sens de Popper et de Grünbaum.

Si elle apparaît volontiers dans la culture contemporaine comme une théorie de la vie psychique, la psychanalyse est en effet d’abord une méthode, une pratique intersubjective dont l’objectif est d’induire des transformations de la vie psychique du sujet dans un but thérapeutique. A partir de cette méthode s’élabore une théorie étroitement liée à son enjeu thérapeutique, qui diffère d’une théorie scientifique visant à comprendre l’esprit. De par son lien avec sa pratique, la théorie psychanalytique répond enfin à des logiques de démonstration et de validation des connaissances différents de ceux des sciences expérimentales. On ne peut construire une hypothèse qu’en la validant au risque, certes, de la rejeter. De ce point de vue, la psychanalyse ne se voit pas en effet comme science, mais comme une démarche rationnelle appliquée sur des faits et éclairant ceux-ci, plutôt que construite à partir d’eux. La question des rapports de la science à la psychanalyse (ou l’inverse) est donc, par essence, une question mal posée.
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Re: Scientificité de la psychanalyse

Message  aliel le Mar 2 Juin - 13:23

Document édifiant, merci ! Smile

Je comprend mieux comment la psychanalyse sert d'appui transversal pour prétendre gérer toutes les affaires courantes issues de nos trajectoires personnelles.

Avec ou sans handicap, que nous soyons atteints d'une affection neurologique ou d'une autre affection issue d'une autre spécialité médicale, la psychanalyse est présente.
Elle s'invite en permanence pour présenter une sorte de méta analyse de la situation, exactement comme pourrait le faire une religion, ou une charte éthique suprême.

Voici l'histoire d'un enfant autiste et de sa Maman, c'était il fort longtemps, donc pardonnez moi les quelques distortions du language, que j'ai partielllemnt adapté tout en respectant scrupuleusement les faits:

- "Votre analyse de la situation est elle compatible avec les concepts psychanalytiques et respecte elle les actions à relier au développement de l'enfant ?"
- "Oui... c'ets bien...""Très bien3. Nous validons votre projet, et nous reconnaissons votre choix de prise en chareg comme judicieux."
Secrétaire, tampon!
Approuvé... "CONFORME"

- Voici le délibéré: Aujourd'hui mardi Sept avril de l'an de grâce 1611, le Tribunal de l'Inquisition déclare cette Femme mère de l'enfant, innocente des faits de sorcellerie qui auraient entravé sa vertue et l'aurait fait procréée l'enfant sauvage.
Cependant, dans la droit chemin de ce qu'attend l'Eglise, nous, Chanoine de la Fédération Officielle, recommandons que l'enfant soit confié à sa Tante afin d'y recevoir les soins appropriés, après avoir été trop gâté en l'absence de figure d'autorité due au veuvage de la Mère, et insistons pour que l'enfant sauvage n'ai pas de viande, qui provoque à n'en nul douter ses rébellions permanentes.

Le chanoine, pour L'Eglise de la Psychanalyse,
Chapelle du montoir au Loup.

aliel

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